En Belgique, la concentration de particules fines dépasse régulièrement les recommandations de l’Organisation mondiale de la santé, malgré une baisse progressive des émissions industrielles depuis vingt ans. Les normes européennes, souvent moins strictes que les préconisations sanitaires, autorisent des seuils qui continuent d’exposer la population à des risques accrus.Le trafic routier reste le principal contributeur aux émissions de dioxyde d’azote dans les grandes agglomérations, tandis que le chauffage résidentiel au bois génère des pics saisonniers de pollution. Les politiques publiques peinent à s’attaquer simultanément à la multiplicité des sources et à la fragmentation des compétences institutionnelles.
Où en est la qualité de l’air en Belgique aujourd’hui ?
En Belgique, la question de la qualité de l’air ne souffre jamais de la moindre indifférence. Les stations de mesure, coordonnées notamment par Bruxelles Environnement (IBGE), proposent un constat nuancé. À Bruxelles, la densité urbaine, le trafic saturé, le chauffage des logements, sans oublier la présence de certaines industries, façonnent une situation complexe. Les capteurs en région de Bruxelles-Capitale affichent régulièrement des concentrations de polluants supérieures aux valeurs recommandées par l’Organisation mondiale de la santé. De leur côté, les normes européennes établissent des seuils plus élevés, qui ne suffisent pas à garantir une atmosphère où la santé des habitants serait pleinement protégée.
L’agence européenne de l’environnement note une tendance à la baisse pour certains polluants, mais l’exposition chronique demeure une réalité préoccupante. Particules fines, PM10, PM2,5,, dioxyde d’azote, ozone de basse couche, la liste des marqueurs d’alerte reste longue et les chiffres très variables. À Bruxelles, la qualité de l’air varie suivant la saison, la météo, la proximité des axes routiers ou la densité des quartiers chauffés au bois.
Pour donner une idée précise, les tendances suivantes se dégagent dans les grandes zones urbaines :
- La région bruxelloise enregistre chaque année des concentrations moyennes de dioxyde d’azote supérieures au seuil retenu par l’OMS.
- En hiver ou lors de grands embouteillages, les particules fines dépassent fréquemment le seuil d’alerte.
Le travail de Bruxelles Environnement met en avant une amélioration lente mais réelle de cette situation, alors même que la population urbaine reste soumise à des niveaux inquiétants. Les épisodes de pollution aiguë rappellent avec force la fragilité de l’environnement bruxellois et la nécessité d’une surveillance constante des données.
Les principales sources de pollution atmosphérique sur le territoire
La Belgique n’a rien d’un cas isolé : ses émissions atmosphériques proviennent d’une mosaïque de secteurs parfois difficiles à départager. Le plus marquant ? Le trafic routier. Qu’il s’agisse de voitures, camions ou bus, chaque déplacement rejette des oxydes d’azote (NOx), du dioxyde d’azote mais aussi des particules fines issues de l’usure des véhicules, des pneus ou des freins. Ce pan de la pollution reste souvent sous-évalué.
Juste derrière, le secteur résidentiel et tertiaire pèse lourd dans la balance. Les chauffages individuels au bois sollicités en hiver, tout comme les bâtiments de bureaux ou commerces, rejettent particules, composés organiques volatils (COV), gaz à effet de serre et substances acidifiantes.
L’industrie s’est modernisée et a sensiblement réduit ses émissions de polluants atmosphériques sur vingt ans, mais elle reste incontournable pour ce qui concerne les précurseurs d’ozone troposphérique et certains gaz acides. Enfin, l’agriculture contribue à diffuser de l’ammoniac et d’autres composés, qui participent à la formation des particules secondaires.
Pour mieux comprendre ce panorama, il est utile de distinguer les principaux foyers d’émissions présents sur le territoire :
- Trafic routier : NOx, particules fines, black carbon, résidus d’usure mécanique
- Résidentiel et tertiaire : chauffage au bois, COV, gaz à effet de serre
- Industrie : oxydes d’azote, composés organiques volatils, gaz acides
- Agriculture : ammoniac, précurseurs de particules secondaires
La répartition de ces émissions dépend beaucoup de la région : les grandes villes concentrent surtout la pollution mobile, tandis que périphéries et espaces ruraux sont souvent marqués par le chauffage et l’activité agricole. Résultat : la pollution atmosphérique s’installe partout, sous l’effet d’équilibres complexes et difficiles à rompre.
Politiques publiques et initiatives locales : quelles réponses face à l’urgence ?
Pour répliquer à la pollution de l’air, la Belgique tente d’articuler plusieurs niveaux de réponse. Bruxelles déploie son plan air-climat avec une ambition déclarée : réduire les émissions de polluants dues au transport routier et aux bâtiments. La zone de basses émissions (LEZ) resserre petit à petit l’accès aux véhicules les plus anciens et les plus polluants. Selon le dernier rapport de Bruxelles Environnement, ces mesures ont déjà permis de faire baisser les concentrations moyennes annuelles de NOx et de particules fines au fil des ans.
La Wallonie et la Flandre avancent suivant leurs propres stratégies. L’Awac pilote le plan climat énergie du côté wallon, misant sur l’industrie et l’agriculture pour abaisser les émissions. Les contrôles sont renforcés sur les produits phytopharmaceutiques, pour limiter leur impact sur la qualité de l’air.
Dans les villes, d’autres initiatives fleurissent : Anvers expérimente la logistique sans carbone, Gand valorise la mobilité douce avec un réseau cyclable et des bus renforcés. À l’échelle européenne, des exigences plus sévères se dessinent, les évaluations se multiplient, et chaque secteur sent la pression monter.
Agir au quotidien : comment chaque citoyen peut faire la différence
La baisse de la pollution en Belgique dépend aussi des gestes de chacun. Un automobiliste qui privilégie les transports collectifs, le vélo ou la marche change le visage de l’air urbain : moins de circulation, ce sont moins de particules et de NOx, donc une diminution directe des risques de maladies respiratoires ou de cancer du poumon.
Côté maison, les solutions simples existent : choisir des équipements économes, limiter les produits ménagers chimiques et éviter les combustibles polluants. Trier, réduire les déchets, surveiller la consommation d’eau : chaque geste compte pour limiter la pollution de l’air et de l’eau, que l’on habite le cœur de Bruxelles ou les abords de la Meuse.
Les chiffres sont éloquents. Les données publiées par Bruxelles Environnement et par l’Organisation mondiale de la santé montrent que l’exposition régulière aux polluants atmosphériques augmente le risque de maladies cardiovasculaires, d’allergies ou de décès prématurés. Ces conséquences n’épargnent ni familles, ni quartiers, ni générations.
Parmi les leviers disponibles pour agir au quotidien, ces actions s’imposent :
- Favoriser covoiturage, vélo, marche ou transports en commun pour ses déplacements
- Entretenir régulièrement ses systèmes de chauffage afin de limiter les rejets
- S’engager dans des démarches citoyennes pour défendre la justice environnementale
Changer la trajectoire, c’est une somme d’actes répétés, volontaires, qui se conjuguent chaque jour. Et si demain l’air de Belgique devenait le témoin d’une responsabilité partagée, inspirée dans chaque souffle ?


