Un système de géolocalisation de véhicule associe un boîtier qui calcule la position par satellites, une carte SIM qui la transmet par le réseau mobile et un logiciel qui l’affiche sur une carte. La précision moyenne d’un boîtier GPS se situe entre 3 et 10 mètres.
Les entreprises s’en servent pour suivre leur flotte, les particuliers comme antivol. Sur les véhicules des salariés, son usage suit des règles fixées par la CNIL.
Comment un boîtier de géolocalisation calcule et transmet la position
Le boîtier capte les signaux de plusieurs constellations de satellites (GPS, Galileo et GLONASS) pour calculer la longitude et la latitude du véhicule. Il enregistre aussi son état, à l’arrêt ou en marche.
La position part ensuite vers la plateforme du fournisseur par une carte SIM M2M, conçue pour les échanges entre machines. Les cartes multi-opérateurs se connectent au réseau le plus puissant parmi Orange, SFR et Bouygues, ce qui limite les coupures en zone blanche.
Dans le logiciel de suivi, le numéro IMEI du boîtier est rattaché à l’immatriculation du véhicule. La fréquence d’envoi des positions se règle à la configuration, par exemple une remontée toutes les 30 secondes.
Deux conditions limitent ce fonctionnement. Le récepteur GPS a besoin d’une bonne visibilité du ciel, et un boîtier qui transmet par le réseau mobile perd en efficacité dans les zones rurales ou montagneuses mal couvertes.
Temps réel, différé ou sur demande
Le mode temps réel calcule la position en permanence et l’envoie en direct : c’est le plus utilisé pour suivre une flotte. En différé, le boîtier stocke les trajets, puis les données sont récupérées pour analyse.
Le mode sur demande ne s’active qu’au besoin, typiquement pour retrouver un véhicule volé. Certains traceurs antivol envoient aussi une alerte au démarrage ou en cas de choc, et quelques modèles peuvent couper le moteur à distance.
Un boîtier de suivi n’a en général pas d’écran, ce qui le rend plus discret. Les modèles à écran servent surtout à la navigation, comme un GPS routier (la mise en route d’un GPS Mappy en donne un aperçu).

Prise OBD, pose filaire ou bus CAN : installer le boîtier sur le véhicule
Le mode de pose dépend du type de véhicule et de la discrétion recherchée. Une fois le boîtier en place, le technicien vérifie la qualité du signal GPS.
| Pose | Véhicules visés | Ce qu’elle apporte |
|---|---|---|
| Prise OBD | Véhicules légers, location longue durée | Branchement en quelques secondes |
| Filaire cachée | Véhicules à protéger du vol | Raccordement direct à la batterie, derrière le tableau de bord, invisible dans l’habitacle |
| Bus CAN | Poids lourds | Données moteur en plus de la position : consommation réelle, codes défauts |
La prise OBD est la plus rapide à poser sur une flotte en location longue durée. La pose filaire cachée convient mieux quand l’antivol passe en premier, puisque rien ne dépasse dans l’habitacle.
Une application installée sur le smartphone du conducteur évite toute pose. Elle suit toutefois le conducteur et non le véhicule : un téléphone oublié, éteint ou à court de batterie interrompt le suivi.
Prix d’un système de géolocalisation de véhicule : location ou achat
En location, maintenance et mises à jour sont comprises dans l’abonnement. Le tarif moyen constaté est de 22€ HT par mois et par véhicule.
| Formule | Prix indicatif |
|---|---|
| Location entrée de gamme | 12€ à 19€ HT par mois et par véhicule |
| Location standard pour entreprise | 20€ à 45€ HT par mois et par véhicule |
| Location premium (intégration ERP, suivi de température) | Jusqu’à 150€ HT par mois et par véhicule |
| Achat du boîtier | 250€ à 450€ HT l’unité, plus 10€ à 15€ par mois de service |
| Installation | 50€ à 150€ par véhicule |
Avec un boîtier acheté 350€ HT et un service à 12€ par mois, l’économie par rapport à une location à 22€ est de 10€ par mois. L’achat ne devient rentable qu’au bout d’environ trois ans, à condition de garder le même véhicule équipé.
D’une offre à l’autre, l’écart de prix tient surtout à trois réglages :
- La fréquence de rafraîchissement : un suivi à la seconde coûte plus cher qu’un relevé toutes les deux minutes.
- La taille de la flotte : à 50 véhicules, les tarifs peuvent être jusqu’à 25 % inférieurs à ceux d’une petite entreprise de 3 véhicules.
- Le nombre de modules activés en plus du simple suivi de position.

Géolocalisation des véhicules de salariés : les règles de la CNIL
Un employeur peut équiper les véhicules de ses salariés pour facturer une prestation de transport, protéger le salarié, les marchandises ou le véhicule, répartir des interventions urgentes ou contrôler les règles d’utilisation du véhicule.
Le suivi du temps de travail n’est accepté qu’à titre accessoire, quand aucun autre moyen ne le permet. Plusieurs usages restent exclus :
- Le contrôle du respect des limitations de vitesse, même si le boîtier enregistre cette donnée.
- La surveillance permanente d’un salarié, ou le suivi d’un salarié qui organise librement ses déplacements, comme un VRP.
- La collecte de la position en dehors du temps de travail, y compris pour lutter contre le vol.
- Le suivi des représentants du personnel pendant l’exercice de leur mandat.
Le salarié doit pouvoir désactiver la géolocalisation hors temps de travail. L’employeur garde un droit de regard : il peut contrôler le nombre et la durée de ces désactivations, demander des explications et sanctionner un abus.
Par principe, les positions se conservent deux mois au maximum. Ce délai passe à un an pour optimiser des tournées ou prouver des interventions faute d’autre moyen, et à cinq ans pour le suivi du temps de travail.
Les instances représentatives du personnel sont informées ou consultées avant l’installation. Chaque salarié reçoit ensuite une information par avenant au contrat ou note de service, et peut demander à consulter les trajets enregistrés à son nom.
Le nom du conducteur n’est pas communiqué aux clients, sauf intérêt particulier. Le dispositif figure enfin au registre des activités de traitement, et le délégué à la protection des données, s’il existe, est associé à sa mise en place.
Traceur GPS sur une voiture de particulier : ce que prévoit la loi
Installer un traceur dans sa propre voiture est permis. Quand le véhicule est partagé, ses autres utilisateurs doivent être informés de la présence du boîtier.
Suivre une personne à son insu tombe sous le coup de l’article 226-1 du code pénal : un an d’emprisonnement et 45 000€ d’amende. La peine passe à deux ans et 60 000€ lorsque la personne suivie est le conjoint, le concubin ou le partenaire de PACS.
Pour retrouver une voiture garée dans un grand parking, les applications qui mémorisent le stationnement suffisent souvent. Le traceur garde l’avantage en cas de vol, puisqu’il permet de suivre l’itinéraire emprunté par le véhicule.
Son abonnement s’ajoute alors au budget annuel de la voiture, au même titre que l’assurance, ce qui se prend en compte au moment de comparer les devis d’assurance auto.
La position d’un véhicule reste une donnée personnelle au sens du RGPD, y compris hors de l’entreprise. Une personne suivie peut demander à accéder à ses données, et le responsable du traitement dispose d’un mois pour répondre, délai prolongeable de deux mois.

